Bonne idée, de lui proposer une tasse de thé, ça va lui dégager le foie -il a l'air d'en avoir besoin. En Chine, on offre toujours du liquide aux esprits en peine, pour les désaltérer. Certains leur offrent de la bière ou du vin, mais le thé, c'est quand même mieux. :-)
c'est mieux surtout pour celui qui offre ;ça ne doit pas être facile pour bien choisir le remède du moment ;j'aurais bien de la peine :( :parfois une ivresse passagère peut être une solution : celle d'attendre la vue du soleil qui se lève quelques heures plus tard;tout bêtement .
Oui, certains esprits préfèrent le vin et c'est ça qu'il faut leur donner, évidemment.
Mais ton papillon, là, j'ai l'impression que le thé pourrait lui convenir ; à toi de voir, sinon tant pis, mets-le carrément au whisky si c'est un cas d'urgence : mais j'ai peur que ça renforce les barbelés et les sens interdits...
je ne fais pas l'apologie de l'alcool ou des autres attachements (euh,le chocolat ? ),mais l'attachement au dogme a aussi des vices ;la vie n'est parfois pas facile et je comprends qu'il y a une grande tentation de s'étourdir pour ne plus sentir la profondeur de son désespoir ;ou sans aller jusqu'à cet univers de désolation, simplement décider de boire un petit coup pour observer avec un certain amusement l'effet de quelques molécules chimiques sur l'expression de son humeur (dans mon cas ce n'est pas très flagrant :je crois que je suis droguée de naissance :) et en plus la vie a été pour l'instant très gentille avec moi ; de plus, j'ai de la chance ,je n'aime pas le goût de l'alcool (beurk); bref, face à la misère ,je n'ai pas de panoplie du parfait secouriste ;j'ai aussi peur d'être maladroite dans une intervention lorsque je ne connais ni la personne, ni la situation :( je ressens très fort mais je ne suis pas interventionniste ;heureusement d'autres le sont .
ah là me vient un exemple concret :les premiers temps aprés la naissance de ma fille handicappée ont été très éprouvants, assez cauchemardesques,et bien je me suis constituée dans la journée une plage de joyeux étourdissement en regardant une émission de télévision qui me faisait sourire ;voilà;bref, j'étais loin des intellectuels dogmatiques qui proclament d'une pièce "la télévision est abêtissante" ;hé oui,j'avais envie d'être abêtie, et c'est ce qui m'a aidée . (= moyen habile :) )
Bon, je ne parlais que pour ce pauvre papillon qui m'a l'air d'avoir déjà une gueule de bois carabinée, pas de façon générale... :-))
Mais il n'y a aucun mal à boire un petit coup, je suis bien d'accord avec toi. Et encore moins à s'alléger le moral avec une émission de télé pour être plus opérationnel ensuite dans les périodes douloureuses de la vie : c'est une excellente méthode, je confirme pour y avoir eu moi-même eu recours d'innombrables fois.
On a même le droit de regarder un film d'horreur! Bon, je te taquine :-), mais pour te répondre par un autre exemple concret, j'en ai regardé un paquet, et parfois des nullissimes, pendant les années de maladie de ma mère, et ça m'a beaucoup aidée -une part de la tendresse reconnaissante que je leur garde doit venir de là. Je regardais aussi des dessins animés charmants que j'empruntais aux gamins de ma voisine, hein : ce n'était pas une obesssion macabre, juste un moyen habile parmi d'autres, comme tu dis...
ah °° ça, c'est vraiment très particulier de regarder des films d'horreur dans des moments difficiles ! mais alors tu restais dans l'horreur ??! dans les moments tristes ,je cherche une sorte de compensation d'émotions pour remettre le pendule d'aplomb : donc du superficiel joyeux;ou bien je regarde la carte du monde et hop "Vietnam" :j'imagine là le pêcheur vietnamien (paysage,visage,vêtements,température) qui ce soir n'arrivera pas à nourrir sa famille - par ex :) -;bref,je m'extirpe de mon histoire personnelle :le monde entier fume de cricris cracras personnels :là ,la femme russe qui n'aime plus son mari mais qui ne sait pas comment s'en sortir,ici la jeune fille en Sicile qui étouffe dans son village,l'adolescent de Shangaï qui aimerait bien aussi une jolie voiture,le vieux monsieur sans force qui tombe dans le couloir du dispensaire en Ethiopie,le petit garçon à Paris qui a perdu l'argent pour acheter son croissant aux amandes et qui a peur de se faire gronder par sa maman, etc etc ;quand je "vois" tout cet océan de soucis réels , à un moment je remarque l'inutilité (c'est sûrement mal exprimé) et le gâchis par les pensées (encore là :maladresse);par exemple,suite à la naissance catastrophique de ma fille,il y a eu tellement d'incidents, de fautes de la part des médecins,des manipulations agravant l'état de Béatrice,qu'à la fin,m'enfonçant en plein désarroi de plus en plus dans une détresse (sables mouvants gris,soleil noir ),la situation devenait tellement "incroyable" qu'elle prenait l'allure d'un mauvais film,tu sais comme ces dessins animés avec une suite sans fin d'accidents en chaîne :bref, cela devenait franchement risible : trop, c'est trop !;comme il n'était pas possible que je pète les plombs (responsabilité),je devais donc en prendre mon parti,c'est-à-dire : ne rien prendre :respirer ,faire de mon mieux,c'est tout ; alors là,faut bien savoir placer la tangente : ne pas se laisser perturber par les choses que je ne pouvais pas changer,mais ne pas fermer son coeur.Ressentir mais ne pas se laisser toucher;enfin quoi comme le dit James Bond pour son Martini : "shaken, not stirred" :)) Je pourrais bien te poser des questions plus personnelles, mais je n'ose pas . (c'est dur de parler des choses sensibles sans impudeur)
C'est un peu difficile à expliquer comment ça marche, mais non, je ne "restais" pas dans l'horreur, au contraire. La barbarie des films m'apparaissait distrayante, comme une mise à distance salutaire de l'horreur infiniment plus forte du réel. Mais chacun fonctionne à sa propre manière dans le domaine des émotions violentes. On pourrait en écrire des pages sur la question. Cela dit, je vois très bien ce dont tu parles, je connais ces moments où la situation devient parfaitement insupportable, au point de quasi sortir du réel puisqu'on ne comprend plus comment on arrive à la supporter, et où pourtant, on n'a pas le droit de disjoncter malgré la surcharge évidente du circuit. Les moments où la seule chose qui reste possible, en effet, c'est de respirer et de tenir le coup jusqu'à la prochaine inspiration (et il peut se passer des siècles entre deux inspirations). Tu es plus habile que je ne le serais à formuler ta façon d'être dans ces cas-là : j'aime beaucoup l'image du martini...
Pour les questions plus personnelles, emploie le mail si tu préfères, ou alors on en reparlera de vive voix. Ou pose-les ici, fais comme tu veux, je verrai bien si je réponds ou non. :-)
En attendant de répondre à tes indiscrétions éventuelles, je prends les devants :-)) : quel âge a ta fille aujourd'hui?(Béatrice, quel joli nom...) Va-t-elle bien? Est-ce que je pourrai faire sa connaissance à Berlin? J'espère que oui.
Oui vive voix (et vif visage) permet d'être le plus proche de la réalité de l'émotion;les mots sont des wagons pré-formatés rigides lancés sur des rails de raison et ne tiennent peu compte des arbres en mouvance sur leur passage. Béatrice a 21 ans et n'est pas handicapée en ce qui concerne sa joie de vivre :) (les cricris cracras n'ont pas leurs chaussons dans sa maison); elle habite à côté de chez nous dans une communauté très agréable (merci dieu).Elle se réjouit quand je vais la chercher,elle se réjouit quand elle rentre chez elle :elle se réjouit; à part la dénomination d'"handicapée" avec son spectre porteur d'épouvante, où est le problème ? le stress est surtout pour celui qui n'est pas handicapé, mais s'il n'est pas handicapé, alors il n'y a pas de problème à ce qu'il trouve une solution pour résoudre ce stress. ( (oui,bon, enfin, quand même...)
j'ai écrit deux fois qu'elle se réjouit :faut quand même pas qu'elle exagère cette Béatrice !! faudrait quand même pas qu'elle oublie que c'est elle ,l'handicapée!! enfin quoi!! (la pauvre...)
C'est comme tu veux : de toute façon les mots sont comme les images, chacun en use à sa manière et tous (re)connaissent -ou non, ce qu'il y a derrière.
Bon, comme Béatrice habite près de chez toi, j'en déduis que j'ai une chance de faire sa connaissance -encore une occasion pour elle de se réjouir, je parie :-).
Bonne idée, de lui proposer une tasse de thé, ça va lui dégager le foie -il a l'air d'en avoir besoin.
RépondreSupprimerEn Chine, on offre toujours du liquide aux esprits en peine, pour les désaltérer. Certains leur offrent de la bière ou du vin, mais le thé, c'est quand même mieux. :-)
c'est mieux surtout pour celui qui offre ;ça ne doit pas être facile pour bien choisir le remède du moment ;j'aurais bien de la peine :( :parfois une ivresse passagère peut être une solution : celle d'attendre la vue du soleil qui se lève quelques heures plus tard;tout bêtement .
RépondreSupprimerOui, certains esprits préfèrent le vin et c'est ça qu'il faut leur donner, évidemment.
RépondreSupprimerMais ton papillon, là, j'ai l'impression que le thé pourrait lui convenir ; à toi de voir, sinon tant pis, mets-le carrément au whisky si c'est un cas d'urgence : mais j'ai peur que ça renforce les barbelés et les sens interdits...
je ne fais pas l'apologie de l'alcool ou des autres attachements (euh,le chocolat ? ),mais l'attachement au dogme a aussi des vices ;la vie n'est parfois pas facile et je comprends qu'il y a une grande tentation de s'étourdir pour ne plus sentir la profondeur de son désespoir ;ou sans aller jusqu'à cet univers de désolation, simplement décider de boire un petit coup pour observer avec un certain amusement l'effet de quelques molécules chimiques sur l'expression de son humeur (dans mon cas ce n'est pas très flagrant :je crois que je suis droguée de naissance :) et en plus la vie a été pour l'instant très gentille avec moi ; de plus, j'ai de la chance ,je n'aime pas le goût de l'alcool (beurk); bref, face à la misère ,je n'ai pas de panoplie du parfait secouriste ;j'ai aussi peur d'être maladroite dans une intervention lorsque je ne connais ni la personne, ni la situation :( je ressens très fort mais je ne suis pas interventionniste ;heureusement d'autres le sont .
RépondreSupprimerah là me vient un exemple concret :les premiers temps aprés la naissance de ma fille handicappée ont été très éprouvants, assez cauchemardesques,et bien je me suis constituée dans la journée une plage de joyeux étourdissement en regardant une émission de télévision qui me faisait sourire ;voilà;bref, j'étais loin des intellectuels dogmatiques qui proclament d'une pièce "la télévision est abêtissante" ;hé oui,j'avais envie d'être abêtie, et c'est ce qui m'a aidée . (= moyen habile :) )
RépondreSupprimerBon, je ne parlais que pour ce pauvre papillon qui m'a l'air d'avoir déjà une gueule de bois carabinée, pas de façon générale... :-))
RépondreSupprimerMais il n'y a aucun mal à boire un petit coup, je suis bien d'accord avec toi. Et encore moins à s'alléger le moral avec une émission de télé pour être plus opérationnel ensuite dans les périodes douloureuses de la vie : c'est une excellente méthode, je confirme pour y avoir eu moi-même eu recours d'innombrables fois.
On a même le droit de regarder un film d'horreur! Bon, je te taquine :-), mais pour te répondre par un autre exemple concret, j'en ai regardé un paquet, et parfois des nullissimes, pendant les années de maladie de ma mère, et ça m'a beaucoup aidée -une part de la tendresse reconnaissante que je leur garde doit venir de là.
Je regardais aussi des dessins animés charmants que j'empruntais aux gamins de ma voisine, hein : ce n'était pas une obesssion macabre, juste un moyen habile parmi d'autres, comme tu dis...
ah °° ça, c'est vraiment très particulier de regarder des films d'horreur dans des moments difficiles ! mais alors tu restais dans l'horreur ??! dans les moments tristes ,je cherche une sorte de compensation d'émotions pour remettre le pendule d'aplomb : donc du superficiel joyeux;ou bien je regarde la carte du monde et hop "Vietnam" :j'imagine là le pêcheur vietnamien (paysage,visage,vêtements,température) qui ce soir n'arrivera pas à nourrir sa famille - par ex :) -;bref,je m'extirpe de mon histoire personnelle :le monde entier fume de cricris cracras personnels :là ,la femme russe qui n'aime plus son mari mais qui ne sait pas comment s'en sortir,ici la jeune fille en Sicile qui étouffe dans son village,l'adolescent de Shangaï qui aimerait bien aussi une jolie voiture,le vieux monsieur sans force qui tombe dans le couloir du dispensaire en Ethiopie,le petit garçon à Paris qui a perdu l'argent pour acheter son croissant aux amandes et qui a peur de se faire gronder par sa maman, etc etc ;quand je "vois" tout cet océan de soucis réels , à un moment je remarque l'inutilité (c'est sûrement mal exprimé) et le gâchis par les pensées (encore là :maladresse);par exemple,suite à la naissance catastrophique de ma fille,il y a eu tellement d'incidents, de fautes de la part des médecins,des manipulations agravant l'état de Béatrice,qu'à la fin,m'enfonçant en plein désarroi de plus en plus dans une détresse (sables mouvants gris,soleil noir ),la situation devenait tellement "incroyable" qu'elle prenait l'allure d'un mauvais film,tu sais comme ces dessins animés avec une suite sans fin d'accidents en chaîne :bref, cela devenait franchement risible : trop, c'est trop !;comme il n'était pas possible que je pète les plombs (responsabilité),je devais donc en prendre mon parti,c'est-à-dire : ne rien prendre :respirer ,faire de mon mieux,c'est tout ; alors là,faut bien savoir placer la tangente : ne pas se laisser perturber par les choses que je ne pouvais pas changer,mais ne pas fermer son coeur.Ressentir mais ne pas se laisser toucher;enfin quoi comme le dit James Bond pour son Martini : "shaken, not stirred" :))
RépondreSupprimerJe pourrais bien te poser des questions plus personnelles, mais je n'ose pas . (c'est dur de parler des choses sensibles sans impudeur)
Je ne sais pas si c'est si particulier que ça.
RépondreSupprimerC'est un peu difficile à expliquer comment ça marche, mais non, je ne "restais" pas dans l'horreur, au contraire. La barbarie des films m'apparaissait distrayante, comme une mise à distance salutaire de l'horreur infiniment plus forte du réel. Mais chacun fonctionne à sa propre manière dans le domaine des émotions violentes. On pourrait en écrire des pages sur la question.
Cela dit, je vois très bien ce dont tu parles, je connais ces moments où la situation devient parfaitement insupportable, au point de quasi sortir du réel puisqu'on ne comprend plus comment on arrive à la supporter, et où pourtant, on n'a pas le droit de disjoncter malgré la surcharge évidente du circuit. Les moments où la seule chose qui reste possible, en effet, c'est de respirer et de tenir le coup jusqu'à la prochaine inspiration (et il peut se passer des siècles entre deux inspirations). Tu es plus habile que je ne le serais à formuler ta façon d'être dans ces cas-là : j'aime beaucoup l'image du martini...
Pour les questions plus personnelles, emploie le mail si tu préfères, ou alors on en reparlera de vive voix. Ou pose-les ici, fais comme tu veux, je verrai bien si je réponds ou non. :-)
En attendant de répondre à tes indiscrétions éventuelles, je prends les devants :-)) : quel âge a ta fille aujourd'hui?(Béatrice, quel joli nom...) Va-t-elle bien? Est-ce que je pourrai faire sa connaissance à Berlin? J'espère que oui.
RépondreSupprimerOui vive voix (et vif visage) permet d'être le plus proche de la réalité de l'émotion;les mots sont des wagons pré-formatés rigides lancés sur des rails de raison et ne tiennent peu compte des arbres en mouvance sur leur passage.
RépondreSupprimerBéatrice a 21 ans et n'est pas handicapée en ce qui concerne sa joie de vivre :) (les cricris cracras n'ont pas leurs chaussons dans sa maison); elle habite à côté de chez nous dans une communauté très agréable (merci dieu).Elle se réjouit quand je vais la chercher,elle se réjouit quand elle rentre chez elle :elle se réjouit; à part la dénomination d'"handicapée" avec son spectre porteur d'épouvante, où est le problème ? le stress est surtout pour celui qui n'est pas handicapé, mais s'il n'est pas handicapé, alors il n'y a pas de problème à ce qu'il trouve une solution pour résoudre ce stress. ( (oui,bon, enfin, quand même...)
j'ai écrit deux fois qu'elle se réjouit :faut quand même pas qu'elle exagère cette Béatrice !! faudrait quand même pas qu'elle oublie que c'est elle ,l'handicapée!! enfin quoi!! (la pauvre...)
RépondreSupprimerC'est comme tu veux : de toute façon les mots sont comme les images, chacun en use à sa manière et tous (re)connaissent -ou non, ce qu'il y a derrière.
RépondreSupprimerBon, comme Béatrice habite près de chez toi, j'en déduis que j'ai une chance de faire sa connaissance -encore une occasion pour elle de se réjouir, je parie :-).
oui oui :)
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