jeudi 10 novembre 2011

"Brumes et pluies",Baudelaire

Ô fins d'automne, hivers, printemps trempés de boue,
Endormeuses saisons ! je vous aime et vous loue
D'envelopper ainsi mon coeur et mon cerveau
D'un linceul vaporeux et d'un vague tombeau.
Dans cette grande plaine où l'autan froid se joue,
Où par les longues nuits la girouette s'enroue,
Mon âme mieux qu'au temps du tiède renouveau
Ouvrira largement ses ailes de corbeau.
Rien n'est plus doux au coeur plein de choses funèbres,
Et sur qui dès longtemps descendent les frimas,
Ô blafardes saisons, reines de nos climats,
Que l'aspect permanent de vos pâles ténèbres,
- Si ce n'est, par un soir sans lune, deux à deux,
D'endormir la douleur sur un lit hasardeux.

5 commentaires:

  1. Vive Baudelaire! Pour l'automne et la mélancolie, il s'y connaissait, c'est sûr. Mais il n'est pas un peu trop sataniste pour toi?

    Au fait, et ces films d'horreur, terminés? En veux-tu d'autres -genre Dracula, qui va bien avec Baudelaire?

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  2. Baudelaire,c'est un ami de l'adolescence;pourquoi le qualifies-tu de "sataniste" ?
    euh,pour les films d'horreur : je suis attachée aux émotions positives (pardon);je fais confiance éventuellement à "la vraie vie" pour redresser le bilan,tu sais la vraie vie qui ne me demande pas mon avis si j'aime ou pas :));alors,je me dis,paysanne comme je suis : ce que je peux contrôler,je contrôle ("et qu'on ne vienne pas me croustilles les schnoukottes !!"
    Manque de courage ? sûrement ! Adressez vos modéles de bonheurs (ne vous en affranchissez pas vous-même) à l'adresse suivante:
    "Humain-escargot
    Rue des Chocottes
    13469 Caille-en-gelée "
    Votre foi servira de cachet.

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  3. Je blaguais, je pensais aux Litanies de Satan et autres poèmes qu'il a consacrés à l'Antéchrist. Il n'aimait pas le Dieu judéo-chrétien et ses formules contre lui ont le son d'une profonde sincérité, à la différence de celles de beaucoup de satanistes post-romantiques chez qui on est plus dans la pose que dans l'élan réel -et qui du coup ont l'air un peu bêtas lus de nos jours. Baudelaire non, jamais.
    Enfin bon, pour moi aussi c'est un ami d'enfance et je lui dois tant que je suis peut-être partiale.

    OK pour les films d'horreur, j'ai compris, je ne te taquinerai plus : mais j'ai quand même profité du brouillard pour revoir Dracula à ta santé, ça ne peut pas te faire de mal, ni à moi. :-)

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  4. oh! mon ignorance me protège de l'ombre;je veux je veux que du soleil;je veux ,je veux que de la lumière;quand la dynamo de mes yeux sera remplie à craquer de chaud,je descendrai dans la cave :j'aurai assez pédalé dans la folie pour oser l'élan d'une vue sereine.
    De quel Dracula parles-tu?

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  5. Du Dracula de Coppola, qui était celui que j'avais sous la main.
    Mais j'aime tous les Dracula de cinéma, même ceux qui portent d'autres noms, comme celui de Murnau. Et puis je suis amoureuse de Bela Lugosi et de Christopher Lee, de toute façon (mais pas de Oldman, même s'il est excellent, ni de Kinski). Ce qui fait que j'ai bien plus peur aux vieux films de la Hammer qu'aux récents, pourtant plus horrifiques.

    Bon, je vais maintenant revoir l'Exorciste, puisqu'il est question de Satan, c'est de toute évidence la chose à faire : et justement il y a de nouveau du brouillard! La vie est belle. :-))

    Mais zut, j'avais promis de ne plus te taquiner. J'arrête. :-((
    Euh, en parlant de Christopher Lee, quand même... As-tu lu le Seigneur des Anneaux, dont nous avions parlé? Il y est beaucoup question de brouillard, de plaisirs d'automne et de puissances démoniaques, même si ce n'est pas du Baudelaire -qui l'aurait certainement détesté. :-))

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